Les interpellations mutuelles et l’articulation pas toujours problématique du sujet « adolescent » et du social, étaient donc au cœur du Congrès International « Adolescence et métamorphoses » organisé par la Ligue Bruxelloise Francophone pour la Santé Mentale les 9, 10 et 11 décembre 2009 et dont la coordination adolescence fut la cheville ouvrière.
Ce Congrès, véritable carrefour de croisement des savoirs, a mis au travail un peu moins d’une centaine de professionnels autour de nombreuses thématiques dont l’actualité ne vous échappera pas. Notamment celles de l’autorité et la contestation, du corps, de l’inscription dans la cité, des mondes virtuels et des enjeux culturels, de l’école, de la sexualité et du rapport à l’altérité.
En effet, les professionnels de la santé mentale sont interpellés par ce qui est décrit par Serge Lesourd avec beaucoup de justesse : « Les adolescents, écrit-il, montrent comment le social moderne prône la réalisation immédiate du plaisir de manière individuelle (…) Les adolescents « difficiles » sont donc ainsi à entendre comme témoins des difficultés de la subjectivation dans le lien social néolibéral actuel et leurs difficultés semblent être d’abord celles de notre rapport commun aux autres, celles que construit notre culture. »
Toutefois, le Congrès permit largement de mettre au travail l’une des prémisses majeures de son argument, prémisse dont je dirais qu’elle est déterminante parce qu’on l’oublie trop souvent, à savoir qu’ « il s’agira aussi de prendre acte de la puissance révélatrice de cette métamorphose, et de son pouvoir d’invention. » L’intitulé du Congrès lui-même implique cette réflexion.
Et c’est précisément cet abord de l’adolescence qui sous-tend le mot de la fin donné par Olivier Douville à son intervention et que je reproduis ici : « C’est en cela peut-être, expliquait-il, que, si nous voulons être à la hauteur de ce que les adolescents inventent comme état du social et comme lien social, faut-il aussi accepter l’errance et la métamorphose, et par rapport à nos dispositifs et par rapport à nos théories. L’adolescent ne valide ni les dispositifs ni les théories, il les met en crise et c’est un cadeau énorme qu’il nous fait. »
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